Lorsqu’un salarié démissionne ou fait l’objet d’un licenciement, la période de préavis marque la transition vers un nouveau projet professionnel. Un imprévu de santé peut toutefois perturber ce calendrier. L’articulation entre préavis et arrêt maladie soulève des questions précises : la date de fin de contrat est-elle repoussée ? Le salaire est-il maintenu ? Les règles diffèrent selon l’origine de l’affection, qu’elle soit liée à la vie privée ou au contexte professionnel.
L’impact de la maladie non professionnelle sur la durée du préavis
Dans la majorité des cas, un arrêt de travail pour maladie ordinaire, comme une grippe ou une infection, n’a aucune incidence sur le calendrier de rupture du contrat. Le préavis continue de courir normalement, même si le salarié est absent de son poste.
Une date de fin de contrat inchangée
Si vous tombez malade durant votre préavis de démission ou de licenciement, la date de fin de votre contrat reste celle initialement prévue. L’arrêt maladie ne suspend pas le délai. Si votre contrat devait prendre fin le 15 du mois et que vous êtes arrêté du 5 au 12, votre dernier jour de contrat demeure le 15. Il n’existe pas de prolongation automatique pour compenser les jours d’absence.
Le cas des congés payés
Il est nécessaire de distinguer l’arrêt maladie des congés payés. Contrairement à la maladie non professionnelle, les congés payés posés avant la notification de la rupture suspendent et décalent le préavis. Si un arrêt maladie survient pendant ces congés, le principe demeure : la maladie seule ne suffit pas à décaler le terme du contrat.
L’exception : accident du travail et maladie professionnelle
Le droit du travail accorde une protection renforcée aux salariés dont l’état de santé est dégradé par leur activité. Dans ce cas précis, la règle de la continuité du préavis s’efface au profit d’une suspension stricte.

Le décalage automatique du terme du contrat
Lorsqu’un salarié est victime d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle pendant son préavis, ce dernier est suspendu. Le décompte des jours s’arrête le jour de l’accident et ne reprend qu’à la date de la reprise effective du travail. La date de fin de contrat est donc systématiquement repoussée d’une durée équivalente à celle de l’arrêt.
Cette suspension protège le salarié en garantissant que sa période de préavis, censée être un temps de transition, ne soit pas consommée par une période d’incapacité générée par l’entreprise. L’employeur doit maintenir le lien contractuel plus longtemps, assurant ainsi une couverture sociale étendue jusqu’à la guérison ou la consolidation.
Synthèse des effets selon la nature de l’arrêt
| Type d’arrêt maladie | Effet sur le préavis | Date de fin de contrat |
|---|---|---|
| Maladie non professionnelle | Aucun (le préavis court) | Maintenue |
| Accident du travail | Suspension du préavis | Repoussée |
| Maladie professionnelle | Suspension du préavis | Repoussée |
| Accident de trajet | Aucun (assimilé maladie simple) | Maintenue |
Rémunération et indemnités : vos droits
L’absence pour maladie modifie la structure de la rémunération. Le salarié ne perçoit plus son salaire habituel, mais bascule dans le régime des indemnités liées à l’incapacité de travail.
Les Indemnités Journalières de la Sécurité Sociale (IJSS)
Le salarié perçoit des IJSS versées par l’Assurance Maladie, sous réserve de remplir les conditions d’ouverture de droits. Ces indemnités sont calculées sur la base des derniers salaires bruts. Il est impératif de transmettre l’avis d’arrêt de travail à son employeur et à sa CPAM sous 48 heures pour activer ces versements.
L’indemnité complémentaire de l’employeur
Selon le Code du travail ou les dispositions de la convention collective, l’employeur peut être tenu de verser des indemnités complémentaires pour maintenir tout ou partie du salaire net. Les conditions habituelles s’appliquent :
- Justifier d’une certaine ancienneté (souvent un an, sauf convention plus favorable).
- Avoir transmis le certificat médical dans les délais.
- Être pris en charge par la Sécurité Sociale.
Si l’employeur a dispensé le salarié d’exécuter son préavis avant que l’arrêt ne survienne, il doit maintenir la rémunération intégrale, sans déduction liée à la maladie.
La dispense de préavis en cas de maladie
La maladie peut rendre l’exécution du préavis difficile. Plusieurs scénarios de dispense existent, avec des conséquences financières distinctes.
Dispense à l’initiative de l’employeur
Si l’employeur décide, après l’annonce de l’arrêt maladie, de dispenser le salarié de revenir travailler jusqu’à la fin de son contrat, il doit lui verser une indemnité compensatrice de préavis. Cette somme correspond au salaire que le salarié aurait perçu s’il avait travaillé jusqu’au bout. L’arrêt maladie n’a alors plus d’impact financier négatif, puisque l’indemnité se substitue au salaire.
Dispense à l’initiative du salarié
Le salarié peut demander à être dispensé de son préavis s’il ne se sent pas capable de reprendre le travail. Si l’employeur accepte, le contrat prend fin à la date convenue entre les deux parties. L’employeur n’est toutefois pas tenu de verser l’indemnité compensatrice pour la période non travaillée. Le salarié cesse d’être rémunéré par l’entreprise dès la date de dispense acceptée.
Le retour au travail après l’arrêt
Si l’arrêt maladie prend fin avant le terme du préavis, dans le cas d’une maladie non professionnelle, le salarié a l’obligation de reprendre son poste pour la durée restante. Un abandon de poste durant cette période finale pourrait être qualifié de fautif. Pour une transition sereine, une communication transparente avec le service RH permet d’ajuster les modalités de remise du matériel ou de passation des dossiers.